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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Valls, traître à Evry et messie à Barcelone ?

Voici deux ans à peine, le Premier Ministre français (du 31 mars 2014 au 6 Décembre 2016) espérait devenir en Mai 2017, le Président de la République qui succéderait à François Hollande. Ce dernier, fortement et durablement affaibli, ne serait pas en situation d'être réélu et ne se représenterait donc pas. C'est effectivement le scénario qui s'est réalisé.

Manuel Valls avait compris que pour être élu, il faudrait aller au-delà de l'électorat socialiste traditionnel et puiser largement dans le centre et le centre droit. Il avait préparé le terrain en prenant une position très tranchée durant l'été 2016 sur le «burkini ». De même, il avait adopté une position très ferme dans l'affaire de la jeune kosovare Leonarda, expulsée de France. En outre, il avait soutenu avec force la déchéance de nationalité jusqu'à ce que le Président qui avait lancé l'idée à Versailles, se rendant compte qu'il s'était fourvoyé, renonce à cette fausse-bonne idée.

Pour Emmanuel Valls, la « bulle » Macron éclaterait vite et la perspective de se retrouver à l'Elysée pour recevoir de François Hollande le code nucléaire devenait parfaitement plausible.

Encore fallait-il passer le cap de la primaire organisée par sa formation, le Parti Socialiste.

Qualifié pour le second tour, Manuel Valls fut nettement battu par son ancien collègue du gouvernement Benoit Hamon, investi pour être le candidat socialiste à la présidence de la République.

Les déconvenues de Manuel ne s'arrêtèrent pas là. Candidat dans son fief d'Evry, l'ancien premier magistrat de cette ville (de 2001 à 2012), fut élu député avec seulement 139 voix d'avance face à la candidate La France Insoumise (LFI)  Farida Amrani conseillère municipale d'Evry. Pour l'ancien Premier Ministre, un camouflet.

On garde en mémoire son intervention au soir du second tour dans sa mairie où il eut les plus grandes difficultés à proclamer les résultats sous les huées des partisans de la candidate battue qui contestait la régularité des opérations de vote. Ce qu'elle fit ensuite en vain devant le Conseil Constitutionnel. Notons que le Conseil considéra que le nombre de bulletins litigieux n'était pas supérieur à l'écart des voix entre les deux candidats et rejeta en conséquence le recours.

Celui qui s'était rêvé peu de temps avant locataire de l'Elysée, s'est très certainement retrouvé à l'étroit dans son costume de Député apparenté au groupe La République en Marche (LRM)... sans grande perspective de rebondir à court terme.

 

C'est peut-être à ce moment là qu'il s'est souvenu de ses origines....

 

Dès lors, on le vit dans les rassemblements anti-indépendantistes à Barcelone manifester en faveur de l'unité de l'Espagne, aux cotés de la droite unioniste et de l'extrême droite franquiste.

Aussi, ce ne fut pas tout à fait une surprise lorsque Mardi 25 Septembre, lors de la conférence tenue à Barcelone, Manuel Valls a déclaré : « Je veux être le prochain maire de Barcelone ».

Si le nouveau candidat a affirmé : « Je suis un homme de gauche. Je viens du socialisme français. Avec ses principes et valeurs républicaines » l'alliance passée avec la formation ultra-libérale et anti-indépendantiste Ciudadanos de Madame Arrimadas, n'est pas la meilleure manière d'appuyer son propos.

En outre, Valls connait suffisamment l'histoire de France pour ne pas ignorer que venir « du socialisme français » ne constitue pas une assurance tous risques contre certaines dérives., Pour certains, à l'image de Jacques Doriot qui fut un dirigeant éminent du Parti Communiste Français, elles furent poussées à l'extrême  pour achever leur course dans les poubelles de l'Histoire.

Le journal Le Monde du 27 Septembre a fait part de la réaction des habitants d'Evry face au lâchage de leur ancien maire et actuel député.

Pour Farida Amrani, la candidate battue qui va repartir à la conquête du siège dont elle considère avoir été injustement privée, « ceux qui ont voté pour lui se sentent trahis, ils sont abandonnés ».

Un habitant d'Evry a réagi en ces termes : « Il fuit la France parce qu'il a eu des propos et un comportement outranciers qui ont choqué les Français. Il se fiche de nous ! ».

On rappellera à l'attention des barcelonais qui ne le connaissent pas, que son slogan de candidat lors des dernières législatives était : « Toujours avec vous ». A bon entendeur...

Sur place, Le Monde a recueilli  la réaction d' Ernest Maragall, le frère de celui qui fut le maire socialiste de Barcelone de 1982 à 1997, Pascual Maragall. Ernest, candidat de la Gauche Républicaine (E.R.C.) et, selon le quotidien, l'un des favoris du scrutin, a réagi à l'annonce de la candidature en ces termes : « Barcelone n'est pas une ville qui se laisse utiliser pour d'autres objectifs que son propre développement ».

Alors, Manuel Valls maire de Barcelone après le scrutin municipal à un tour du 26 mai 2019 ?                                                                     

L'avenir le dira.

Espérons qu'avant de prendre sa décision, l'ancien Premier Ministre de la France, a relu cette œuvre majeure de la littérature espagnole qu'est Don Quijote de la Mancha de Cervantès. Ayant enfourché Rocinante, Don Quijote partit à l'assaut de moulins à vent qu'il prenait pour des géants. Voulant attaquer le premier avec la lance qu'il brandissait, le vent fit bouger les ailes du moulin qui mirent la lance en pièces et emportèrent le chevalier qui s'en alla rouler dans la poussière...De quoi méditer.

 

 

 

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nemo 12/10/2018 22:33

ce départ me chagrine car j'ai toujours eu de l'estime pour cet homme courageux et non sectaire , à la différence des frondeurs de son parti qui sont les fossoyeurs du PS.
Il a eu le courage comme Hollande mais ils ne sont pas allés au bout , d'être pour la déchéance de la nationalité de ceux qui ont fait la guerre à la France
quant au 49-3 il lui a été imposé par les hamonistes ,les partisans du monsieur 6%
dommage qu'il ait annoncé sa candidature quelques jours trop tôt car il aurait fait à nouveau un excellent ministre de l'intérieur.
Pour la Catalogne et pour Barcelone , j'espère qu'il réussira
la seule chose que je lui reproche c'est d'avoir suivi aveuglément , lui le catalan , Carole Delga dans la dénomination de notre région
Bonne chance , l'amic

Monique Peytavi 04/10/2018 09:20

Et pour compléter le tableau, Capital.fr nous communique les performances du député de l'Essonne Manuel Valls, classé, en janvier 2018, 496ème sur 572.
A savoir: 18 présences en commission, 1 intervention en commission, 26 interventions dans l'hémicycle, 0 amendement proposé.
Gageons que son départ ne perturbera pas trop la Représentation Nationale (qui n'a pas besoin de ça !)