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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« Je n'y répondrai pas ».

 

C'est la réponse faite par le Président de la République à un journaliste qui, le 23 octobre, l'interrogeait sur l'attitude de la France à l'égard des ventes d'armement à l'Arabie Saoudite.

La Chancelière allemande Angela Merkel a indiqué récemment qu'il n'était pas possible de procéder à des livraisons d'armes à l'Arabie Saoudite dans les circonstances actuelles.

On rappellera qu'au Yémen, l'Arabie Saoudite massacre la population civile sous un rideau de bombes. J'ai abordé ce sujet dans le Billet publié le 5 octobre intitulé « Au Yémen, silence. On tue ! ». L'ONU s'inquiète fortement de cette situation ainsi que de la famine qui menace.

Le 2 octobre, le journaliste Jamal Khashoggi venu accomplir des formalités administratives en vue de son mariage, disparaissait dans les locaux du consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul (mon Billet publié le 13 octobre : « Du meilleur au pire... »). Cet opposant au prince héritier Mohammed Ben Salman, après avoir été un proche du pouvoir saoudien, avait été contraint de se réfugier aux Etats-Unis en raison des menaces qui planaient sur sa personne. Il était chroniqueur au Washington Post.

L'Arabie Saoudite a multiplié les versions.

Dans un premier temps, elle a assuré que le journaliste était ressorti vivant par une porte dérobée du consulat.

Dix huit jours après, elle reconnaissait que Monsieur Khashoggi était mort dans le consulat, donnant plusieurs versions sur les circonstances dans lesquelles le décès serait intervenu.

Par contre, à ce jour, le corps de la victime reste introuvable.

MBS est directement mis en cause dans ce qui, de plus en plus, apparaît comme l'exécution d'un opposant, réalisée par un commando d'une quinzaine de personnes, venu le jour des faits d'Arabie Saoudite et composé notamment, de très proches du prince héritier.

Les réactions internationales sont diverses.

Aux Etats-Unis, sans surprise, elle varient chaque jour. Monsieur Trump semble essentiellement préoccupé de ne pas altérer les relations commerciales avec l'Arabie Saoudite.

En Europe, la Chancelière allemande a courageusement pris position.

On pouvait espérer qu'Emmanuel Macron adopte pour ce qui concerne la France, une attitude identique.

Ces espoirs sont restés lettre morte après sa réponse, donnée sur le ton de l'agacement.

L'Arabie Saoudite, en compagnie du Qatar et de l'Egypte, est un des clients les plus importants de notre pays en matière d'achat d'armements.

En dix ans, les achats d'armes de l'Arabie Saoudite à la France ont représenté plus de 11 milliards d'Euros.

Est-ce une raison suffisante pour ne pas, dans la situation présente, suspendre ces livraisons ?

Enfin, il ne fait pas de doute que les armes vendues par les occidentaux à l'Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, sont utilisées au Yémen dans les massacres imposés aux civils.

La balance des paiements ne peut être le seul instrument à l'aune duquel la France détermine ses relations avec les pays qui violent sans états d'âme les Droits de l'Homme.

Oui, Monsieur le Président, la population française qui, avec vous, constitue « la République », est en droit de connaître la position du Chef de l'Etat sur un sujet de cette importance.

Ne pas y répondre, c'est, peut-être à tort, donner l'impression que nous sommes plus proches des réactions du Président des Etats-Unis que de celles exprimées par notre principal allié au sein de l'Union Européenne.

Rassurez-nous vite, Monsieur le Président !

 

 

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