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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Du meilleur au pire : du Prix Nobel de la Paix 2018 à l'assassinat d'une journaliste en Bulgarie.

 

Le lien commun entre ces différents événements, c'est l'unité de temps.    Le meilleur nous est parvenu de Norvège où a été décerné, le 5 Octobre, le Prix Nobel de la Paix 2018.

Deux lauréats : Nadia Murad et Denis Mukwege (ma photo de la semaine).

Nadia Murad vivait dans le village de Kocho, dans la région yézidie de Sinjar en Irak.

Le 3 Août 2014, des djihadistes membres de l'Etat Islamique (EI) prennent d'assaut le village habité par des membres de cette minorité religieuse non musulmane. Les hommes sont massacrés, les enfants enrôlés de force dans les rangs de l'EI, les jeunes filles et les femmes sont réduites en esclavage.

Nadia Murad, alors âgée de 21 ans, sera emmenée de force à Mossoul, elle sera vendue à plusieurs reprises, violée et torturée.

Elle réussira à s'enfuir de cet enfer, traversera les lignes de front et trouvera refuge au Kurdistan irakien. Nadia Murad deviendra la porte-parole des femmes yézidies . Comme de nombreux membres de sa minorité, elle s'installe en Allemagne.

En 2016 elle est nommée ambassadrice de bonne volonté de l'ONU pour la dignité des survivants de la traite des êtres humains.

En 2017, en compagnie d'une autre militante yézidie, elle reçoit le prix Sakharov. A cette époque, elle fut reçue par Elisabeth Quin dans l'émission « 28 minutes » sur Arte.

 

Le docteur Denis Mukwege, gynécologue congolais, s'est vu décerner, conjointement à Nadia Murad le prix Nobel de la Paix 2018.

Jeune médecin se destinant à la pédiatrie, il choisira la gynécologie devant les souffrances des femmes qui, faute de moyens pour se soigner, décèdent en accouchant ou conservent de graves séquelles génitales.

Il fondera avec l'aide d'un organisme caritatif suédois, l'hôpital Panzi. Confronté en 1999 à une première expérience consécutivement à un viol collectif, il transformera son hôpital en un centre spécialisé dans l'accueil des victimes de viols.

Il ne s'agira pas seulement d'opérer les victimes, de leur apporter les soins nécessités par les violences subies, il convient également de leur apporter un soutien psychologique, juridique, de leur permettre d'acquérir une formation professionnelle...

Lui aussi a été reçu, voici quelques mois, dans l'émission « 28 minutes ».

Apprenant que le Prix Nobel de la Paix lui a été attribué, le Docteur Mukwege qui, en 2014, avait lors d'un sommet mondial appelé les 80 ministres présents à ne plus détourner le regard sur « ce déni d'humanité », a dédié ce prix « aux femmes de tous les pays du monde meurtries par les conflits et confrontées à la violence de tous les jours ».

Souhaitons que ces distinctions, permettent, comme l'a proposé le comité Nobel, de considérer le viol comme une «arme de guerre », qui constitue un crime de guerre entrant dans la compétence de la Cour Pénale Internationale.

Au même moment, le 2 octobre, un journaliste a disparu dans des conditions faisant craindre le pire.

Jamal Khashoggi (ma photo de la semaine), éditorialiste saoudien de renom, est entré à cette date dans le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul pour y effectuer une démarche administrative en vue de son mariage.

Il n'en est pas ressorti et sa fiancée est sans nouvelle de lui. Avant d'entrer dans le consulat, Jamal Khashoggi avait demandé à celle-ci, pour le cas où il tarderait à sortir du consulat, de prévenir l'un de ses amis, cadre de l'AKP, le parti majoritaire en Turquie et par ailleurs, conseiller du président turc Recep Tayyip Erdogan. Ce qu'elle a fait.

Le journal Le Monde du 9 Octobre, affirme que selon plusieurs sources anonymes de la police turque, l'éditorialiste saoudien aurait été « assassiné sur place ».

Selon les mêmes sources, un groupe de quinze saoudiens aurait fait un rapide aller-retour entre l'Arabie Saoudite et la Turquie le jour où le journaliste se trouvait dans les locaux du consulat.

Ancien rédacteur en chef de plusieurs organes de presse saoudiens, Jamal Khashoggi s'était exilé aux Etats-Unis en Septembre 2017 en raison de ses désaccords de plus en plus profonds avec le prince héritier Mohammed Ben Salman, personnage que j'ai évoqué dans mon dernier Billet :

« Au Yémen, silence ! On tue ». Il craignait de faire l'objet d'une arrestation.

Dans les colonnes du Washington Post avec lequel il collaborait, l'éditorialiste avait publié une série d'articles critiques à l'égard du prince héritier. Pour Le Monde, « ces écrits... représentaient un défi, voire une menace, pour le jeune dauphin (MBS), qu'il soit ou non derrière la disparition du journaliste ».

On peut craindre que la venue de Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul, ne lui ait été fatale et qu'il ne réapparaisse ni à Ryad ni à Istanbul et pas d'avantage aux Etats-Unis.

Selon les dernières informations diffusées, ce journaliste aurait été tué dans les locaux du consulat dont le personnel avait été mis opportunément en congé le jour de sa venue. Son corps aurait été découpé et évacué.

Le tableau ne serait pas complet si je n'évoquais pas la mort suspecte d'une journaliste, Viktoria Marinova (ma photo de la semaine), le Samedi 6 Octobre en Bulgarie. Le corps de cette journaliste qui dirigeait une chaîne de télévision régionale, a été retrouvé dans un parc. Elle aurait été frappée à la tête, violée et étranglée. La chaîne avait récemment donné la parole à deux journalistes ayant publié des révélations sur des détournements massifs de fonds européens dans l'un des pays les plus corrompus d'Europe.

Un suspect vient d'être arrêté en Allemagne. Il s'agirait de l'acte d'un déséquilibré ce qui exclurait le mobile lié à l'activité professionnelle de la victime. Il convient toutefois de rester vigilants et d'attendre la fin de l'enquête...

On notera qu'il s'agit de la troisième journaliste victime d'un meurtre en une année dans un pays membre de l'Union Européenne.

Jan Kuciak, reporter âgé de 28 ans, a été tué en Février dernier en Slovaquie. Son corps et celui de sa fiancée Martina Kurnirova ont été découverts criblés de balles dans leur domicile le 26 Février 2018. Jan Kuciak travaillait sur les affaires de corruption dans les milieux d'affaires et politiques.

Au moment où il a été tué, il enquêtait sur des soupçons de fraude fiscale et de corruption concernant des hommes d'affaires.

Le 16 Octobre 2017, la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia était tuée par l'explosion de sa voiture piégée qu'elle avait garée à proximité de son domicile. Trois personnes qui auraient posé la bombe on été arrêtées. Cette journaliste enquêtait au moment de sa mort, sur un important système de corruption.

Des éléments récents sont venus enrichir l'enquête en cours. En effet, l'existence d'une connexion entre l'un des individus incarcérés et le ministre de l'économie de Malte, Christian Cardona, aurait été établie. Celui-ci avait déposé une plainte en diffamation contre la journaliste décédée.

Le métier de journaliste, on le savait , est un métier à risques pour les correspondants de guerre. Reporter sans Frontières le rappelle régulièrement.

On découvre depuis peu, qu'il devient également dangereux de le pratiquer dans certains pays d'Europe, tout près de chez nous.

En ce début d'automne, si, paradoxalement, les rayons de soleil nous sont venus d'Oslo, le ciel ne cesse de s'assombrir sur Riyad et Sofia, après La Valette et Bratislava.

 

 

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