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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Christine Lagarde, la bonne fée ?

 

 

Dans la torpeur de l'été deux évènements économiques d'importance se sont produits dans l'indifférence quasi générale.

Le plus proche, nous est venu d'Athènes. Le 21 Août, le premier ministre grec Alexis Tsipras (ma photo de la semaine) a annnoncé avec solennité que son pays en a désormais terminé avec le programme d'assistance qui avait été mis en place huit ans auparavant.

Avec une sérieuse dose d'optimisme, Alexis Tsipras déclarait à cette occasion : « Aujourd'hui la Grèce reprend son destin en main ».

La crise de 2008 a causé de graves dégâts en Hellénie : le chômage est monté jusqu'à frôler les 30 %, 500 000 jeunes ont émigré pour la plupart dans les autres pays d'Europe, le PIB a chuté de 25 % enfin, des mesures d'austérité à hauteur de 65 milliards d'euros ont été prises.

Il a fallu 289 milliards de prêts, une récession qui a frappé de plein fouet la population, pour éviter le « Grexit » avec la sortie du pays de l'Euro qu'en Europe, presque personne ne souhaitait.

Pour Alexis Tsipras ce 21 Août était un « jour historique, celui de la fin des politiques d'austérité et de la récession ».

Or, rien n'est moins sûr.

Si le chomage est passé sous la barre des 20 %, si la croissance devrait cette année se situer à 2 % (la Grèce ferait mieux que la France où les dernières prévisions la situent à 1,7 %), on peut craindre que le pays n'en ait pas terminé avec l'austérité.

Il y a en tout premier lieu une dette colossale qui représente 180 % du PIB (!) qu'il va falloir rembourser. Depuis longtemps, on parle d'en effacer une partie mais tous les Etats qui composent l'Union Européenne ne partagent pas le même point de vue.

Le chemin sera long et semé d'embuches avant le rétablissement des comptes publics.

A une dette disproportionnée s'ajoute un autre fléau, à savoir la corruption qui gangrène depuis longtemps ce pays et qui est loin d'avoir été vaincue.

 

Une situation similaire à des milliers de kilomètres et sur un autre continent, l'Amérique du Sud, où s'est produit le deuxième séisme économique de l'été.

Il s'agit du prêt de 50 milliards de dollars (!), accordé le 20 Juin dernier par le Fonds Monétaire International à un pays où la corruption constitue de la même façon qu'en Grèce,  un mal endémique : l'Argentine.

Petit retour en arrière : Depuis plusieurs semaines, le peso argentin était attaqué et en mai dernier, il avait perdu 30 % de sa valeur.

En cause, les mesures prises par le gouvernement de Mauricio Macri, le Président argentin élu en Décembre 2015 (ma photo de la semaine). Cette politique économique ultra-libérale a été accompagnée d'une forte baisse des prestations sociales, d'une diminution des investissements publics, d'un fort accroissement du chomage alors même que l'inflation prévue pour cette année sera d'au moins 30 % .

Cette situation et l'accord conclu avec le FMI, ont jeté dans tous le pays, des centaines de milliers d'argentins dans les rues pour exprimer leurs vives inquiétudes (los cacerolazos).

Tous ont en tête la grave crise des années 2001-2002 , la pire crise économique et sociale de l'histoire du pays qui avait amené l'Argentine à se déclarer en défaut de paiement.

Pour les argentins qui ont vu la paupérisation du pays s'installer durablement, le responsable en est le FMI à travers le programme économique qu'il avait imposé au pays en contre-partie des prêts accordés.

Les craintes sont donc très grandes que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le prêt de 50 milliards consenti avec une ligne de crédit immédiate de 15 milliards constitue un record international.

Le Président Macri qui a sollicité l'aide du FMI a fixé pour objectif de ramener l'inflation à 17 % pour 2019 et 13 % pour 2020 alors que tout le monde s'accorde pour convenir qu'elle sera cette année au minimum de 30 % !

En Argentine comme ailleurs, il n'est pas interdit de rêver !

Le plus probable, est qu'une nouvelle fois, les engagements pris par le pouvoir actuel ne pourront être tenus. Une nouvelle crise économique et sociale pointe à l'horizon dont les premières victimes seront les couches populaires et la classe moyenne.

Qui en seraient les responsables ?

Bien sûr les dirigeants actuels du pays . On doit à cet effet relever que le nom du Président Macri est apparu lors des révélations faites dans le cadre des « Panama Papers ». Au moins 30 sociétés offshore sont associées à la famille Macri.

La corruption jusqu'au plus haut niveau de l'Etat n'est bien entendu pas ignorée de la directrice du FMI.

Etait-il dès lors raisonnable d'accèder à une demande de l'actuel Président préoccupé par le renouvellement de son mandat en Décembre 2019 donc à la recherche d'une bouffée d'oxygène ? Et ce, contre l'avis de la population qui a manifesté avec vigueur son désaccord et alors même que l'on sait pertinemment que le pays ne pourra faire face au remboursement de ses dettes.

C'est un climat profondément délétère qui, malheureusement, se répand une nouvelle fois dans le pays alors qu' ici et là, on entend des bruits de bottes qui n'ont rien de rassurant.

En Argentine, le passé n'est jamais très loin...

A l'issue de la réunion du Comité de Direction du FMI qui, le 20 Juin, a validé le prêt de 50 milliards avec, pour contre-partie, l'engagement du gouvernement argentin de mettre en place des réformes pour limiter les dépenses de l'Etat, la « bonne fée » Christine Lagarde (ma photo de la semaine) déclarait :

« Nous apportons notre soutien avec une grande humilité et une grande attention portée à la situation de la population argentine ».

Manifestement, le peuple n'aurait pas bien saisi la profonde empathie et la grande compassion dont le FMI et sa directrice font preuve à son égard !

Concernant les conditions dans lesquelles le Comité de direction du FMI avait pris sa décision d'accorder le prêt, la « bonne fée » a indiqué que les discussions avaient été « lucides ».

La lucidité étant une notion contingente, on a du mal à imaginer ce qu'aurait été le montant du prêt accordé à l'Argentine si ce 20 Juin 2018, elle n'avait pas illuminé la réunion du Comité de direction !

 

Que l'on se situe d'un coté ou de l'autre de l'Atlantique ou bien sur les rives de la Méditerranée, le surendettement et la corruption sont à l'origine des crises qui dévorent des millions d'êtres humains et mettent des centaines de milliers d'autres sur les routes de l'exil.

En accordant des prêts à des conditions qu'il définit lui-même et impose aux Etats, le FMI va à l'encontre de la volonté des peuples, faisant desdits Etats des vassaux dociles et soumis.

Il est temps qu'une réflexion soit menée sur la notion de souveraineté limitée des pays qui ont remis leur sort entre les mains de l'institution dirigée par Madame Lagarde.

A vot' bon cœur Madame, à vot' bon cœur Messieurs !

 

 

 

 

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Auditur 02/09/2018 09:03

Nous nous rejoignons tout à fait. Je crois en avoir parlé régulièrement notamment dans un Billet récent où je stigmatise JLM pour son indulgence à l'égard du Venezuela et du Nicaragua. Mais tel n'était pas le sujet de ce Billet.

Nemo 01/09/2018 22:00

Moi mon remord ce fut ce riche pays au rages d'enfants perdus , errants sur toutes les routes d'Amerique du sud vers le Brésil, la Colombie , le Pérou , bientôt peut-être notre Guyane , le Venezuela , qu'un directeur dirige d'une main de fer et dont le premier défenseur est Jean Luc Mélenchon qui veut s'inspirer pour sa 6 république de la constitution bolivarienne
C'est l'un des plus grands scandales humanitaires de la planète dont la presse surtout celle de gauche ne dit mot , allez savoir pourquoi