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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Alexandre DUBCEK et Jan PALACH ou la lutte pour la Liberté

.Le 21 Août dernier on a célébré le cinquantième anniversaire de l'invasion de la Tchécoslovaquie par 300 000 militaires du Pacte de Varsovie qui mettait ainsi fin à ce que l'on appela « le printemps de Prague ».

Cet événement, majeur à mes yeux, a fait l'objet de brefs commentaires dans la presse nationale.

Et pourtant, bien que réprimée dans le sang (on compta une centaine de morts et plusieurs centaines de blessés), la tentative de construire « un socialisme à visage humain », préfigurait ce qui allait se produire 20 ans après avec la chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989 et « la révolution de velours » qui aboutit en Décembre 1989 à l'élection de Vaclav Havel à la Présidence de la République Tchécoslovaque.

Tout avait commencé le 5 Janvier 1968 lorsqu'un obscur apparatchik du nom d'Alexandre Dubcek qui, à 47 ans, avait passé le tiers de sa vie en URSS, signe d'une indéfectible « fidélité », fut nommé Premier Secrétaire du Parti Communiste Tchécoslovaque en remplacement d'Alexandre Novotny.

Immédiatement, il bénéficia d'une grande popularité au sein de la population et accompagna l'idée d'instaurer un socialisme « à visage humain ».

Cette tentative reçut la désapprobation du grand frère soviétique.

A la fin du printemps, les armées du pacte de Varsovie organisèrent des manœuvres en territoire tchécoslovaque, manœuvres qui se prolongèrent jusqu'à l'été....

En Juillet, le Bureau Politique du PC Tchécoslovaque était prié de comparaître devant le Bureau Politique du PC Soviétique.

Dubcek s'engagea alors à ralentir le rythme des réformes et à contrôler d'avantage ce qui se faisait. Il reçut le baiser de Brejnev (ma photo de la semaine).

Dans la nuit du 20 au 21 Août 1968, les troupes du Pacte de Varsovie envahissaient la Tchécoslovaquie.

Dubcek déclara : « C'est une grande tragédie pour moi … J'ai consacré toute ma vie au communisme et à l'Union Soviétique ».

Il fut arrêté et emmené prisonnier en URSS.

Si, face à l'envahisseur, Dubcek tenait bon, l'équipe dirigeante qui l'entourait se fissura. Certains acceptèrent la « normalisation » des relations avec le grand frère soviétique et parmi eux, Gustav Husak qui, en Avril 1969, accédait au poste de Premier Secrétaire du PC Tchécoslovaque.

Alexandre Dubcek, nommé dans un premier temps Ambassadeur à Ankara, était rappelé à Prague en Juin 1970.

Il refusa de faire « son autocritique » concernant son attitude durant le « Printemps de Prague ». Résidant à Bratislava, il occupa un poste d'agent technique des eaux et forêts, ce qui lui valut le qualificatif de « jardinier ».

Alexandre Dubcek revint sur le devant de la scène à l'occasion de la « révolution de velours » fin 1989. Acclamé par la foule à Prague, il fut Député du mouvement de Vaclav Havel et Président de l'Assemblée.

Alexandre Dubcek est mort le 7 Novembre 1992 des suites d'un accident de la circulation.

Après l'invasion des troupes du Pacte de Varsovie, des tchèques avaient eu assez d'humour pour écrire sur les murs de Prague : « Avec l'Union Soviétique pour l'éternité... mais pas un jour de plus ».

C'est une autre forme de protestation que choisit un jeune étudiant de 20 ans, nommé Jan Palach.

Ce dernier pour protester contre l'indifférence de la population à l'invasion du pays, le 16 Janvier 1969, s'immola en haut de la place Venceslas, au pied de la statue (ma photo de la semaine).

D'autres tchèques, se sacrifièrent également dans les flammes. Le régime alors en place, fit tout pour étouffer ces actes de désespoir.

Me rendant quelques années plus tard, à Prague, sur la place Venceslas, je compris combien j'avais à l'époque, avec mon Parti, manqué de courage en approuvant la « normalisation » imposée à ce peuple qui avait rêvé de Liberté et auquel on avait répondu par les armes.

La malédiction des « 8 » avait une nouvelle fois frappé la Tchécoslovaquie : après les accords de Munich de 1938 livrant les Sudètes à Hitler, le « coup de Prague » de 1948 faisant entrer le pays sous la domination soviétique, vingt ans plus tard, le matin du 21 Août 1968, ce n'était qu'un cri dans les rues de Prague :

                           « Lénine réveille-toi, ils sont devenus fous ! ».

 

 

 

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Monique Peytavi 25/08/2018 08:06

"Horresco referens"