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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Mai 1968-Mai 2018, Un demi-siècle pour rien ?

Mai 2018 approchait.

Philippe M. et Jean-Luc M. éprouvèrent, chacun séparément et sans concertation, la nécessité de préparer les événements qui, fatalement, allaient se produire. Ils allèrent chercher dans leur discothèque, les vieux microsillons du regretté Jean Ferrat. Ils y trouveraient, pensèrent-ils, sinon une source de motivation, en tous cas une source d'inspiration.

Le leader syndical, Philippe M., s'arrêta sur « Au printemps de quoi rêvais-tu ? ». Ferrat y chantait :

« Au printemps de quoi rêvais-tu ?

Vieux monde clos comme une orange,

Faites que quelque chose change,

Et l'on croisait des inconnus

Riant aux anges..... ».

Il apprécia.

L'auto-proclamé leader de l'opposition, Jean-Luc M., réécouta, lui, « Ma France ».

Il aima le couplet :

« Qu'elle monte des mines, descende des collines,

Celle qui chante en moi la belle, la rebelle,

Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines

Celle de trente-six à soixante-huit chandelles

Ma France ».

C'était exactement ce qu'il cherchait.

Le mécontentement grondait un peu partout, les cheminots avaient voté une « grève perlée », les étudiants occupaient les facs et Jussieu était imprenable. Enfin, on allait célébrer la Fête du Travail du 1er Mai !

Il convenait de prendre la tête de cette colère et l'on allait pouvoir ainsi, jouer le troisième tour tant attendu, qui suivrait d'un an les présidentielles manquées de … 500 000 voix et les législatives également perdues.

A l'automne dernier, les manifestations, lors de l'examen de La loi Travail, n'avaient été qu'une répétition .

C'est maintenant que ça allait se jouer !

Il sentait d'ailleurs le coefficient de marée monter.

Philippe M., jouait gros.

Le mouvement social n'avait pas permis de faire reculer le gouvernement sur la Loi Travail, la première place du syndicat dans le public risquait, lors des prochaines élections professionnelles, d'être ravie par une autre formation. Exactement ce qui s'était déjà produit dans le privé.

Il fallait donc s'inspirer de ce qui s'était passé voici 50 ans pour faire cesser « la casse sociale ». Georges S. n'était malheureusement plus là pour donner la marche à suivre.

On décréta alors « la convergence des luttes ».

Les cheminots feraient plier le « Président des très riches », il n'y aurait plus qu'à ramasser la mise.

C'est ainsi que l'on entra dans Mai 2018.

Hélas, trois fois hélas, tant pour Jean-Luc que pour Philippe, les choses ne se passèrent pas exactement comme prévu.

Les manifestations programmées, drainèrent de moins en moins de monde (quelques dizaines de milliers), rien à voir avec les millions qui défilèrent dans les rues de Paris et en province, 50 ans plus tôt.

Les facs occupées furent de moins en moins nombreuses. Jussieu l'imprenable fut évacuée sans grande difficulté.

Les cheminots en grève, virent leur nombre se réduire comme peau de chagrin.

Aujourd'hui, on en est à se demander si début juin, après l'examen par le Sénat de la Loi de réforme du rail, tout le monde (ou presque), ne sera pas rentré au bercail.

On eut alors recours à un jeune-premier du cinéma, qui, l'an dernier, revêtit le costume de député.

Ce dernier, pensant avoir le talent de Dany-le-Rouge, avait promis, rien de moins, de faire « la fête à Macron » !

Rien n'y fît.

La fin mai approchait et il fallait à tout prix, qu'elle ne signifiât pas défaite cinglante et espoirs déçus.

On repensa alors à Ferrat et à « Ma France ». Une phrase retint l'attention de nos amis : « Nos voix se multiplient à n'en plus faire qu'une ».

A défaut de multiplication, ensemble, tout en mettant 900 Kilomètres de distance entre chacun d'eux, on allait tenter de ressusciter le « Front Populaire » et la première étape serait « la marée populaire ».

Las, lors de la manifestation qui eut lieu le 26 mai sur Paris, au lieu du million annoncé, on dénombra à peine 30 000 participants.

Je ne sais si le Premier Ministre a eu ou non raison de parler d'un « faible coefficient de marée », mais les espoirs mis dans ce final furent vains.

 

Mai 2018 s'achevait donc pour nos deux leaders sur un triste constat : l'objectif n'ayant pas été atteint, il faudrait remettre ça.

2068 n'est pas tout proche.

Pouvait-on revenir à 1968 pour rechercher des idées pour l'avenir ?

C'est là que Jean Luc M. et Philippe M., poursuivant, toujours séparément, leurs retrouvailles avec Jean Ferrat, tombèrent sur « Camarade » qui retrace la fin tragique par l'entrée des chars russes en Tchécoslovaquie le 21 Août 1968, de ce que l'on appela le Printemps de Prague.

L'auteur y chante :

« Que venez vous faire camarade ?

Que venez vous faire ici ?

Ce fut à cinq heures dans Prague,

Que le mois d'Août s'obscurcit.

Camarade, Camarade ! ».

Ainsi, 50 ans plus tôt, en France, le mouvement révolutionnaire avait laissé place à la manifestation du 30 Mai sur les Champs Elysées, suivie du raz-de-marée gaulliste aux législatives qui suivirent, après la dissolution de l'Assemblée Nationale.

Si l'on regardait hors des frontières, quelques semaines après ces événements, l'Union Soviétique avait, une fois de plus, étranglé l'espoir de Liberté qui s'était levé en Tchécoslovaquie.

Rien de très encourageant, tout était à recommencer....

 

C'est alors que Jean-Luc M., dit le « Capitaine de … cuirassé », retrouva la sérénité en écoutant « Potemkine » :

« M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde

Où l'on punit ainsi qui veut donner la mort ?

M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde

Où l'on n'est pas toujours du coté du plus fort ? ».

Il suffirait donc d'inverser le rapport de force ! Il en déduisit que ce qui venait de se passer, ne constituait que les prémices d'un mouvement qui allait grandir et s'amplifier jusqu'à la victoire finale.

Il suffisait d'y penser !!

 

Notre leader syndical, Philippe M., avait opté pour « Les Guerilleros » écrit par Ferrat à son retour de Cuba :

« Avec leurs barbes noires

Leurs fusils démodés

Leurs treillis délavés

Comme drapeau l'espoir,

Ils ont pris le parti de vivre pour demain.

Ils ont pris le parti des armes à la main ».

Il suffisait de troquer la moustache contre la barbe !

Il décida à son tour, d'aller puiser dans cette île paradisiaque, le fruit d'une expérience toujours plus riche, depuis qu'elle débuta en Janvier 1959.

Il allait donc transposer à la France les précieux enseignements ainsi recueillis .

Pour l'un comme pour l'autre, tout pouvait donc continuer !

De manière concomitante, revint à l'esprit de Jean-Luc et Philippe un mot d'ordre qui pourrait être mobilisateur pour les luttes futures : « Ce n'est qu'un début continuons le combat ! ».

Chacun des deux eut le sentiment de l'avoir déjà entendu mais aucun ne parvint à se souvenir davantage........

 

Bien entendu, vous l'aviez compris, les personnages ainsi que les situations décrites dans ce Billet, relèvent de ma seule imagination !

Il arrive que, quelques fois, la fiction.... dépasse la réalité !

.

 

 

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