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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Ma photo de la semaine : La quadrature du cercle.

C'est à cela que va s'attaquer le prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement les 28 et 29 Juin prochains à Bruxelles alors même que la chancelière allemande est soumise à une forte pression de l'aile droite de la coalition au pouvoir.

La problématique est parfaitement connue : Dans les années à venir et pour très longtemps, le mouvement migratoire vers l'Europe va se poursuivre et même s'amplifier au gré des situations conflictuelles, économiques, climatiques. Les coups de menton de nombre de nos responsables politiques à l'intérieur comme à l'extérieur de l'hexagone n'y feront rien... ou pas grand chose.

D'un autre coté, la montée dans nos pays de formations populistes, nationalistes et pour certaines xénophobes n'est pas étrangère à ces mouvements.

Dans mon dernier Billet, j'ai tenté de montrer comment ces évolutions menacent un peu partout dans le monde nos démocraties.

La décision prise par Donald Trump d'emprisonner dès leur arrivée les familles de migrants et de placer les enfants en centres de rétention dans des cages de fer (notre photo de la semaine), confirme s'il en était besoin les craintes émises. Ainsi, plus de 2000 enfants se trouvent dans ces centres et le Président des Etats-Unis vient de faire savoir qu'il se retire du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU !

A des milliers de kilomètres, à Valencia, le navire-hôpital « l'Aquarius », repoussé par l'Italie et Malte, a été accueilli avec humanité et dans l'enthousiasme. A son bord, 629 migrants ont été sauvés des eaux de la méditerranée (notre photo de la semaine). En Espagne, plus de 80 % de la population a approuvé la décision prise par le nouveau gouvernement présidé par Pedro Sanchez. Après le rejet des deux Etats cités plus haut, la réserve prudente et le manque de courage manifestés par la France, on se réjouit de la solidarité exprimée par la quasi totalité des espagnols.

Toutefois, qu'adviendrait-il si, tout au long de l'été, une telle situation se reproduisait ?

Les réponses apportées jusqu'à présent par l'Europe sont inadaptées.

Le règlement de Dublin contraint le demandeur d'asile entré en Europe à déposer sa demande d'asile dans le pays d'entrée ce qui a pour effet de faire supporter le fardeau aux pays côtiers que sont l'Italie et la Grèce. Cela permet aussi à d'autres pays dont la France, de refouler les personnes souhaitant déposer une demande d'asile sur son territoire. On ne peut que regretter le manque de solidarité dont, pour ne pas la citer, la France parmi d'autres, a fait preuve à l'égard de ses alliés en difficulté.

De même, la solution qui consiste à faire « traiter » de l'extérieur des frontières européennes, le problème de l'immigration n'est pas davantage satisfaisante.

En application de l'accord trouvé avec la Turquie au plus fort de la crise de 2015, l'Europe verse annuellement à ce pays la somme de 3 milliards d'euros. En outre, elle a dû s'engager à faire avancer les négociations d'entrée dans l'Union Européenne, du pays dirigé par Monsieur Erdogan dont on mesure tous les jours sa conception de la démocratie.

C'est aux garde-côtes libyens qu'a été confiée la charge de s'opposer au départ de rafiots surchargés de malheureux qui, rançonnés par des passeurs, tentent de rejoindre les côtes italiennes. Le plus souvent ces migrants provenant de différents pays d'Afrique, ont été lors de leur arrivée en Libye, emprisonnés, exploités, torturés et pour nombre de femmes, violées après avoir été vendues pour quelques dinars.

Et je ne parle pas des migrants dont, les corps ont été retrouvés à la fonte des neiges, quelque part dans les Alpes entre Vintimille et Briançon.

Cette situation est insupportable. Il appartient à nos dirigeants de construire les solutions permettant de concilier nécessaire protection des populations composant chacun des pays d'Europe et devoir d'humanité à l'égard de ces déshérités.

En ont-ils la possibilité alors même que certains pays d'Europe, la Hongrie en tête, ne veulent pas entendre parler d'accueil d'immigrés sur leur territoire ? En ont-ils la volonté ?

Et pourtant, il y a urgence à trouver des solutions de compromis.

Il me semble impératif que les pays européens parviennent à une harmonisation des règles de l'asile.

Un accord peut-il intervenir pour une réforme du règlement de Dublin ?

L'Italie du ministre d'extrême droite Matteo Salvini, l'homme fort du nouveau gouvernement, le demande. Qu'en est-il des autres pays ? Nous avons eu cette semaine un début de réponse :

Le 19 Juin, le Président de la République et la Chancelière allemande se sont rencontrés. Comme le demande Madame Merkel, ils ont avancé l'idée d'un accord des pays de l'espace Schengen. Cet espace de libre circulation des personnes à l'intérieur des Etats signataires, comprend, pour l'essentiel, les Etats qui composent l'Union Européenne, à l'exclusion de la Bulgarie, de la Roumanie et de Chypre.

L'accord auquel ils sont parvenus viserait à refouler tout demandeur d'asile vers l'Etat où il a été enregistré en premier. Si sa stricte application pourrait apaiser les tensions que subit la Chancelière allemande, on imagine la réaction de l'extrême droite italienne et de son porte-voix Matteo Salvini  alors que la plupart des migrants en Allemagne ou en France arrivent de Libye via l'Italie.

L'autre proposition formulée lors de la rencontre du 19 Juin, consisterait à créer des « hot spots » dans les pays tiers. Il s'agirait de centres de rétention pour les déboutés du droit d'asile dans l'attente de leur reconduite dans le pays d'origine ainsi que des lieux où les demandeurs pourraient déposer leurs dossiers en vue d'être accueillis dans l'Union Européenne. Ces centres pourraient être situés en Afrique du Nord et seraient placés sous le contrôle de l'ONU. On évoque aussi la possibilité d'en créer dans des pays des Balkans comme l'Albanie.

Enfin, on prévoit une hausse notable du personnel de Frontex, l'organisation en charge de la surveillance des frontières extérieures à l'Union Européenne. Autrement dit, un accroissement du dispositif policier.

Ces propositions sont-elles à la hauteur des enjeux ?

Les exemples de la Turquie et de la Libye rappelés plus haut, n'incitent pas à l'optimisme.

De plus, on perçoit difficilement le coté humanitaire des mesures que les deux principaux dirigeants de l'Union ont décidé de défendre les 28 et 29 Juin.

Lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre du 19 Juin, Monsieur Macron a parlé avec raison d'un « choix de civilisation » qui doit désormais être effectué. Encore faut-il que les décisions qui devront être prises très vite permettent effectivement, de trouver « l'équilibre entre responsabilité et solidarité ».

Si l'objectif n'est pas atteint, les conséquences seront immanquablement, d'une gravité sans précédent.

L'addition pourrait alors être présentée en 2019 à l'occasion des élections européennes.

Au moment où j'écris ces lignes, j'apprends que « l'homme au grand coeur » vient de signer un décret mettant un terme au placement des enfants dans les centres de rétention pour les envoyer.... en prison avec leurs familles. Nous connaissions sa sensibilité, nous découvrons une imagination débordante... !!!

 

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