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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

L'image de la semaine : De Leo Ferré à Pedro Sanchez : Ni Dieu, ni maître.

 

 

Après le désaveu que le Parlement espagnol a infligé à Mariano Rajoy et à ses ministres, Pedro Sanchez, le chef de file du PSOE, a communiqué Mercredi 6 Juin, la composition de l'équipe gouvernementale qui tentera d'aller jusqu'en Juin 2020, fin de la législature.

Une surprise : Podemos, la formation située à la gauche des socialistes, ne fait pas partie du gouvernement Sanchez. Celui-ci ne pourra donc compter que sur 84 députés sur les 350 que compte le Parlement espagnol. Si Podemos avait été intégré au gouvernement, ce chiffre aurait été porté à 153 députés.....en tout état de cause, loin de la majorité absolue.

Dès lors, Pedro Sanchez a pris le risque de ne pas aller au terme de la législature et de provoquer des élections anticipées.

Autre surprise, et de taille. Onze des dix-sept ministères que compte ce gouvernement ont été confiés à des femmes dont, nombre de ministères régaliens (économie, finances, défense, justice.... ).

Aucun gouvernement, en Europe et certainement ailleurs, n'a accordé une telle place aux femmes.

La très machiste et traditionnelle Espagne aurait-elle jeté aux orties ses vieux démons ?

En effet, ce n'est pas tout....

Ce qui a retenu l'attention de nombre d'observateurs, ce sont les conditions dans lesquelles, dans la très catholique Espagne, Pedro Sanchez, a prêté serment à la Constitution espagnole.

En effet, cette prestation n'a pas été effectuée selon une tradition séculaire à savoir sur la Bible et devant le crucifix (voir photo de la prestation de serment du général Solis en présence du dictateur Franco).

Au Palais de la Zarzuela, devant le roi Felipe VI et son prédécesseur Mariano Rajoy, il a juré « de respecter et faire respecter la Constitution comme loi fondamentale de l'Etat ».

Et là est tout le problème.

Pedro Sanchez s'est engagé à « jeter les ponts » pour dialoguer avec les indépendantistes catalans alors que Quim Torra, le nouveau Président de la Generalitat, l'appelle à « s'asseoir à la même table, de gouvernement à gouvernement ».

Mais, de quelle marge de manœuvre le nouveau chef du gouvernement espagnol dispose-t-il ?

On peut rechercher des éléments de réponse dans la compostion du gouvernement de Madrid.

Toutefois, les signaux sont contradictoires.

En effet, si Pedro Sanchez a nommé comme ministre des affaires étrangères, Pascal Borrell, natif de La Pobla de Segur (Province de Lleida), a été nommée au ministère des politiques territoriales, une autre catalane, Meritxell Batet, fédéraliste affirmée.

Borrell, européen convaincu, plusieurs fois ministre socialiste dans les gouvernements précédents et qui présida le Parlement Européen de 2004 à 2007, a mené une lutte sans concession contre le mouvement indépendantiste. On pourrait donc voir dans sa nomination à un poste très important, un signal négatif.

Toutefois, c'est à Meritxell Batet que reviendra la charge de renouer le dialogue avec les indépendantistes catalans.... Attendons donc pour y voir plus clair !

En 1880, un autre socialiste, Louis-Auguste Blanqui, créa « Ni Dieu ni maître », journal dans lequel il défendait ses thèses révolutionnaires.

Plus de 80 ans après, en 1964, Léo Ferré en fit le titre de l'une de ses chansons :

« Cette parole d'Evangile

Qui fait plier les imbéciles

Et qui met dans l'horreur civile

De la noblesse et puis du style.

Ce cri qui n'a pas la rosette

Cette parole de prophète

Je la revendique et nous souhaite

Ni Dieu ni maître ! ».

Le titre du journal de Blanqui est devenu par la suite, la devise du mouvement anarchiste.

Léo Ferré, encore lui, dans « Les anarchistes », renvoie à ce mouvement qui, durant la guerre d'Espagne, avec à sa tête Buenaventura Durruti, joua un rôle essentiel dans la vaine défense de la République Espagnole :

«  Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent

La plupart Espagnols allez savoir pourquoi

Faut croire qu'en Espagne on ne les comprend pas

Les anarchistes ! ».

Vous allez penser que je me suis beaucoup éloigné de la prestation de serment du chef du gouvernement espagnol.

En apparence seulement.

Dans un pays qui a à sa tête un Roi, où l'église catholique n'a cessé de jouer les premiers rôles, d'Isabelle-la-Catholique et son époux Ferdinand à Franco, de ce dernier à Juan-Carlos Ier puis à son fils Felipe VI, Pedro Sanchez a accompli ce 2 Juin, un geste fort en ayant prêté serment sans Bible et sans crucifix.

En renouant le dialogue avec son homologue Quim Torra et en accompagnant l'Espagne dans la voie du respect d'un Peuple, de son Histoire, de sa Culture, en résumé, de la Nation Catalane, il accomplirait un nouveau geste fort pour la concorde et la paix.

 

En aura-t-il la volonté ?

Dans l'affirmative,

En aura-t-il les moyens ?

 

 

 

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