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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Une imbécilité sans borne

Le col de Panissars est situé sur la frontière séparant la France de l'Espagne, au niveau du Perthus, derrière le fort de Bellegarde.

On y accède par le hameau de Riunoguès commune de Maureillas (une heure de marche par la Voie verte).

Arrivés en haut du col, au milieu d'une suberaie, on découvre les vestiges des trophées de Pompée qui remontent à l'an 71 av. JC..

C'est également à Panissars que la Via Domitia dont le point de départ était la Rome antique, fait sa jonction avec la Via Augusta qui va jusqu'à Gadès (Cadix).

Cette voie romaine constituait la colonne vertébrale des axes de circulation en Hispanie Romaine.

Elle était empruntée au 1er siècle avant JC dans le cadre des échanges et communications qui, dès ce moment là, existaient entre les peuples de ces territoires.

Plus récemment, en Février 1939, nombre de républicains espagnols qui fuyaient l'avance franquiste, ont emprunté cette voie pour trouver refuge et protection sur notre territoire.

En souvenir de ces peuples qui, à des siècles de distance, avaient emprunté ces voies de communication, une modeste plaque avait été apposée à même la roche, sur laquelle on peut lire :·

« En record de tots els homes i dones que en temps ...(il·legible)... van fer d'aquests passos camins de llibertat »

(En souvenir de ces hommes et ces femmes qui, dans des temps ...(illisible)... ont fait de ces routes, des chemins de liberté ).

Comme le montre la photo, cette plaque commémorative a été dégradée à coups de pierre, de manière à la rendre partiellement illisible.

On peut également constater que l'auteur de ces dégradations a eu la délicatesse de poser le caillou dont il s'est servi, au pied de la plaque peut-être pour permettre à l'un de ses congénères de terminer le travail....

Je veux offrir à cet imbécile les fragments d'un poème d'Antonio Machado.

Je lui rappellerai (ou lui apprendrai) que le poète sévillan, à la chute de la Seconde République espagnole, lors de la Retirada, a été contraint de fuir son pays comme des centaines de milliers de ses compatriotes et marcha avec sa mère, Ana Ruiz, jusqu'à Collioure.

Quelques jours après leur arrivée, le 22 Février 1939, Machado mourait d'épuisement, suivi 3 jours après par sa mère.

Louis Aragon a immortalisé ces instants dans ces vers :

 

« Machado dort à Collioure

Trois pas suffirent hors d'Espagne

Que le ciel pour lui se fit lourd

Il s'assit dans cette campagne

Et ferma les yeux pour toujours ».

 

Dans « Los campos de Castilla » Machado écrivait :

 

« Voyageur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.

Et quand du regardes en arrière, vois le sentier que jamais

tu ne dois à nouveau fouler ...... Que tu ne dois à nouveau fouler ! ».

 

                   As-tu entendu imbécile ?

 

 

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