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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Catalogne : Les élections du 21 Décembre, pour quoi faire ?

Ces élections avaient pour but le renouvellement du Parlement Catalan.

La nouvelle majorité devait permettre l'élection d'un nouveau Président de la Généralitat et la formation d'un gouvernement qui mette un terme à la mise sous tutelle de la Catalogne, administrée depuis début Novembre par le Gouvernement Espagnol.

 

Si la formation anti-indépendantiste de droite Ciudadanos l'a emporté en voix, les trois formations indépendantistes Junts per Catalunya (droite), Esquerra Republicana (gauche) et la CUP (extrême gauche) qui constituaient l'ancienne majorité, l'ont emporté en sièges.

 

Ainsi, unies, ces trois formations sont en situation de faire élire par l'actuel Parlement Catalan un Président issu de leurs rangs et donc la constitution d'un gouvernement qui reflête cette majorité.

 

Jusqu'au Jeudi 1er Mars, la difficulé venait de ce que le candidat à la Présidence, sur lequel les 3 formations s'étaient entendues, était le dernier Président de la Généralitat, Carles Puigdemont exilié à Bruxelles depuis fin Octobre.

Or, ce dernier ne pouvait être physiquement présent lors du vote d'investiture, en raison des poursuites judiciaires engagées contre lui par le gouvernement espagnol.

 

Ainsi, le 30 Janvier, le Parlement Catalan réuni par Roger Torrent son Président, n'avait pu procéder à l'élection d'un nouveau Président de la Généralitat, cette séance d'investiture avait été reportée.

 

Dans mon précédent Billet du 16 Février dernier, intitulé « Grotesque », j'avais réagi contre cette situation qui revient à prolonger la tutelle madrilène sur la Catalogne et je m'inquiétais du risque de lassitude susceptible de gagner les électeurs des formations indépendantistes.

Cette situation ouvrirait une voie royale à la jeune et ambitieuse responsable de Ciudadanos, Inès Arrimadas qui est en embuscade pour être la première Présidente de la Généralitat.

 

Voici 3 jours, Puigdemont a fait savoir qu'il renonce à briguer la Présidence de la Généralitat et s'engage désormais dans la constitution d'un fumeux et hypothétique « Conseil de la République ».

 

Sommes nous parvenus à la fin de la tutelle madrilène sur la Catalogne ?

 

Rien n'est moins sûr : Carles Puidemont ayant, dans le même temps, indiqué que Junts per Catalunya présentera pour le remplacer, Jordi Sanchez Président de l'Association ANC, injustement incarcéré depuis la mi-Octobre à Madrid et qui, de prison, a conduit victorieusement la liste de sa formation, lors des dernières élections.

 

Et c'est là que le bât blesse.

 

Afin de participer au débat suivi du vote d'investiture, Jordi Sanchez devra avoir été libéré par le Juge madrilène ou bénéficier d'une autorisation de sortie de la maison d'arrêt.

Or, depuis son incarcération pour « sédition » (!!!), le même magistrat la lui a refusée à deux reprises.

 

Ainsi, si Jordi Sanchez ne pouvait être présent, les catalans risquent de revenir à la case départ, à savoir au 22 Décembre dernier, lendemain des élections et la tutelle madrilène continuera à s'exercer.... pour cause d'impossibilité de désigner un candidat qui puisse valablement être investi par les formations indépendantistes majoritaires !

 

On peut dès lors se demander si certains, n'ont pas choisi, plutôt que de recouvrer très vite l'autonomie de la gouvernance, de poursuivre dans le but hypothétique de l'isoler, le bras de fer avec le Pouvoir de Madrid.

Cela s'appelle, « jouer avec le feu ».

 

Les catalans ont pu, depuis Octobre dernier, vérifier qu'ils n'ont rien à attendre du côté de l'Europe.

Le résultat du vote du 21 Décembre leur permet de gouverner mais n'est pas de nature à mettre en place la République Catalane que beaucoup, avec raison, appellent de leurs vœux.

Leur juste combat doit se poursuivre mais sous une autre forme.

L'ignorer, les rendrait responsables devant l'Histoire, d'avoir facilité la tutelle de Madrid et l'arrivée aux commandes de la droite nationaliste.

 

Catalans, Refusez de prendre ce risque !

(Photo : Le Palau de la Generalitat à Barcelone)

 

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