Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Asile et Immigration

C'est le projet de loi qui, après avoir été présenté dans les prochaines semaines en Conseil des Ministres, sera examiné par la représentation nationale au cours du printemps prochain.

Gageons que d'un coté comme de l'autre, les noms d'oiseaux vont fuser, les « yaqu'à » et les « faut qu'on » vont servir d'argumentaire à certains.

Plus généralement, ce débat fera ressurgir les clivages : « il faut accueillir- il faut fermer nos frontières », « laxisme coupable-répression inacceptable ».

Et pourtant, s'il est un sujet complexe car nécessitant la recherche d'un point d'équilibre entre des préoccupations légitimes mais néanmoins contradictoires (accueillir dignement celui qui souffre et est menacé mais, « en même temps », garantir à nos concitoyens le respect de notre souveraineté), c'est bien celui qui traite d'une part des flux migratoires , d'autre part de l'asile que  la patrie des Droits de l'Homme  se doit de garantir à toute personne faisant l'objet de menaces dans son pays d'origine.

Les chiffres publiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) indiquent qu'en 2017, 100 142 personnes ont demandé à bénéficier de l'asile en France soit une hausse en un an de 17 %.

Ces chiffres se suffisent à eux-mêmes pour démontrer l'importance des enjeux qui seront abordés dans le cadre de la prochaine réforme.

Si les albanais sont les plus nombreux, la moitié des demandeurs d'asile est issue du continent africain (Soudan, Guinée, Cote d'Ivoire, République Démocratique du Congo). On y trouve également l'Afghanistan, Haïti, la Syrie, l'Algérie, le Bangladesh pour ce qui concerne les 10 premiers pays.

95 % des demandeurs d'asile syriens ont obtenu le statut de réfugié. Qui oserait contester que la situation de leur pays d'origine ne justifie pas qu'ils puissent trouver dans notre pays la protection qu'ils sont venus chercher ?

La plupart des pays d'origine de ces demandeurs connaissent un état de guerre ou un déchaînement de violences mettant les populations civiles en grave danger, ces situations ayant également de graves conséquences sur le plan économique et plongent les ressortissants de ces pays dans une situation de grande pauvreté.

Bien souvent, violences-misère-pandémies se conjuguent pour n'offrir à ces populations d'autre choix que de quitter leur pays d'origine à la recherche d'une vie meilleure et moins risquée.

L'aggravation des conditions climatiques est venue compliquer encore un peu plus, ces problématiques.

Dès lors, deux évidences paraissent s'imposer à tout un chacun :

      - Pour de nombreuses années (décennies?) encore, les flux de populations ne diminueront pas, bien au contraire. La conjugaison de la multiplication des foyers de violences, la misère que subissent des millions d'êtres humains, les changements climatiques, pousseront ces populations à prendre tous les risques pour fuir leurs terres de naissance en quête d'horizons moins hostiles.

    - L'action indispensable pour faire taire les violences, ramener la paix, l'aide au développement, ne peuvent, pour le court terme, constituer une solution suffisante.

Nos dirigeants doivent avoir le courage de dire ce qu'il adviendra dans les prochaines années et d'anticiper les réponses que nous pouvons apporter.

Le continent européen, à travers ses institutions, a un besoin vital (oui vital) d'harmoniser ses politiques migratoires et notamment, en matière d'asile.

Il n'est pas imaginable, comme ce fut encore le cas récemment, de faire supporter à deux pays, la Grêce et l'Italie, le poids essentiel de l'arrivée de dizaines de milliers de migrants.

Il n'est surtout pas possible d'accepter que la méditerranée toute proche, continue d'engloutir des milliers de déshérités qui croyaient pouvoir trouver en Europe la fin de leurs souffrances.

De même, est-il acceptable que l'Europe confie la gestion des flux migratoires à la Turquie d'Erdogan ou à la Libye post-Kadhafi ?

Peut-on enfin accepter que des pays membres de l'Union Européenne qui composent le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) se refusent à prendre leur part dans l'accueil des réfugiés ? Ont-ils oublié les valeurs auxquelles ils ont adhéré en entrant dans l'Union et le bénéfice substantiel qu'ils en ont retiré ?

C'est à une lourde tâche que vont s'atteler gouvernants et élus. Souhaitons qu'ils aient bien présentes à l'esprit ces réalités …. et quelques autres.

 

En cette période de vœux, conscients qu'il n'existe pas, comme en nombre de domaines, de remède miracle, souhaitons que la réforme qui sera adoptée, parvienne à concilier responsabilité et humanité, fermeté et dignité.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article